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S’approvisionner autrement : entre réalité industrielle et choix créatif

S’approvisionner autrement : entre réalité industrielle et choix créatif

On imagine rarement tout ce qui se cache derrière un simple vêtement. Lorsqu’on parle de mode, on pense souvent au produit final : le vêtement, la silhouette, le produit fini. Pourtant, tout commence bien avant : lors de l'élaboration des croquis, des prototypes et surtout, au moment de l’approvisionnement en matières premières.

Pour une entreprise de mode, au Québec comme ailleurs, cette étape est à la fois stratégique et complexe. S’approvisionner, ce n’est pas simplement choisir un tissu : c’est trouver l’équilibre entre qualité, coût, délais de production et cohérence avec ses valeurs. Il faut également prendre en compte les besoins et les désirs des consommateurs.

Plusieurs options s’offrent aux designers. Certains se tournent vers des fournisseurs locaux, ce qui permet une meilleure flexibilité et, normalement, des délais plus courts. D’autres travaillent avec des fournisseurs internationaux, souvent pour accéder à une plus grande variété de textiles et avoir l'exclusivité de certains tissus. Dans tous les cas, établir une relation de confiance avec ses fournisseurs est essentiel. Transparence, constance et communication deviennent alors des piliers du processus.

Mais derrière ces choix se cache une réalité plus nuancée. Un tissu, même acheté auprès d’un distributeur local, a souvent passé par plusieurs pays avant d'arriver jusqu'à nous. Il devient donc difficile, même avec les meilleures intentions, de retracer complètement l’origine d’une matière.

À cela s’ajoute une autre complexité majeure : le coût. Depuis quelques années, le prix des textiles ne cesse d’augmenter. Entre la hausse des coûts de production, du transport et des matières premières, les entreprises doivent constamment ajuster leurs décisions. Choisir un tissu, c’est aussi faire un arbitrage : entre qualité et rentabilité, entre durabilité et accessibilité.

Et puis, il y a la réalité du rythme de l’industrie. La mode fonctionne encore largement selon un modèle de renouvellement constant. Les collections s’enchaînent, les tendances évoluent rapidement et les entreprises doivent suivre ce mouvement pour rester compétitives. Dans ce contexte, s’approvisionner en quantités suffisantes, de manière constante et fiable, devient une nécessité.

C’est précisément là que le deadstock — ces surplus de tissus inutilisés — révèle à la fois son potentiel et ses limites. Sur le plan environnemental, la réutilisation de matières existantes est une solution évidente. Elle permet de réduire le gaspillage textile, de limiter la production de nouvelles fibres et de valoriser des ressources déjà disponibles. Sur le plan économique, elle peut aussi représenter une opportunité : ces matières sont souvent accessibles à moindre coût. En plus, en leur donnant une seconde vie, nous évitons de les gaspiller. 

Mais dans une logique d’entreprise traditionnelle, le deadstock reste difficile à intégrer. Les quantités sont limitées, les réassorts incertains et les caractéristiques des tissus varient constamment. Il devient alors complexe de bâtir une collection cohérente et reproductible à grande échelle.

C’est justement dans cet espace de contrainte que mon projet créatif prend tout son sens. En choisissant de travailler exclusivement avec des matières surcyclées, je m’éloigne volontairement des contraintes de standardisation et de production en série. Chaque tissu trouvé devient mon point de départ, plutôt qu’une contrainte. Chaque pièce est pensée comme unique, guidée directement par la matière. C'est là, la beauté du slowfashion.

Ce qui peut représenter un défi dans un modèle d’affaires devient ici une liberté créative. À travers ce projet, j’explore une autre façon de concevoir la mode : plus lente, plus intuitive, mais aussi plus responsable. Une approche qui valorise l’existant plutôt que la production constante de nouveau.

J'ai eu la chance, entre autre, de récupérer de magnifiques tissus provenant de designers montréalais que j'admire : DorsaLi, Marc Alexandrin, Eliza Faulkner et Eve Gravel. J'ai également reçu des dons du cercle des fermières de St-Léon-Le-Grand et de mon entourage. 

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